Démarche artistique

Je définirais mon travail de géographie intérieure de l’être humain.

Mes «paysages psychiques» sont des fenêtres qui relient le dedans et le dehors, et rendent visible un espace intérieur, celui d’un inconscient en mouvement. Ma collaboration avec des danseurs dans mes performances me permet ainsi de rendre vivants ces glissements, de les tracer dans l’espace, d’accéder à une dimension plastique du corps, en tension. Mes dessins sont des cartographies intimes inspirées de formes organiques végétales, animales, minérales, cosmiques. De plus, je me nourris des terres évanescentes de mes propres rêves, mappemondes étranges et mouvantes.

Mes masques contribuent à questionner l’identité humaine, fragilisée dans notre contexte contemporain. Ils révèlent ma vision tribale de l’être humain, dont la force de vie est en connexion avec toute autre forme de vie. Ils évoquent, à l’image de nombreuses sociétés ancestrales, la porosité entre le monde du visible et le monde de l’invisible.

J’utilise aussi le symbole du fil. Tissage de laine, lien social, câble électronique, fil de la pensée, toile d’araignée, réseau neurologique et cosmique, il se déroule dans mes performances et installations pour dessiner le territoire intime de l’être humain, traversé aujourd’hui par les réseaux web. Il trace un nouvel espace, celui du corps et de son aura, celui de la maison de l’âme, et explore le lien entre la sphère publique et la sphère privée.

Chaque production est un microcosme intemporel, éphémère, du micro au macro, dont les reliefs se nouent et s’évanouissent avec le temps.